[Avis] Les Faucheurs sont les Anges, Alden Bell

 

Voilà après des siècles de silence, je reviens doucement aux affaires. Par la force des choses, en raison de ma fainéantise, de mon désintérêt subit pour les choses du net, j’ai donc laissé mon vieux blog macérer tout seul dans sa médiocrité avant d’en relancer un autre, en moins bien. Mais bon, il est un temps pour tout et depuis quelques jours, inexplicablement, le clavier me titille. L’envie de dire et de faire de la merde me reprend, impérieuse et quasi sexuelle.

Je vais donc commencer tout doucement avec un ch’tit billet sur un bouquin lu il y a un bon bout de temps. Car oui, j’ai une dizaine de critiques en retard et celle-là ne devrait pas trop me prendre de temps. Faut pas déconner non plus. Au menu du jour donc, un livre chaudement recommandé par la revue Bifrost, un bouquin promettant un personnage principal inoubliable et dont le titre m’a plu tout de suite. Il y est question de zombies et de survivants, ce qui n’a rien de très original, mais que voulez-vous, en tant que gérant d’un blog pourri, j’éprouve fort logiquement une certaine affection pour les cadavres en décomposition.

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Quatrième de couverture

Temple n’a aucun souvenir du monde avant la chute. Son univers : une Amérique désolée, envahie par des hordes de zombies, où ce qu’il reste de l’humanité se terre dans des camps retranchés. Temple a quinze ans, mais le temps de l’innocence est depuis longtemps révolu. Elle est seule face à la nature, à ses miracles et à sa sauvagerie. Et derrière elle, immuable, se profile l’ombre de l’homme qui a juré de la tuer. Si ses jours sont comptés, Temple est bien décidée à profiter de ce que la vie peut encore lui offrir, et à découvrir ce que dissimule l’horizon.

C’est l’histoiiire de la viiiiiiiie !

Naïf et influençable que je suis, j’espérais beaucoup du personnage de Temple, une gamine façonnée par un univers où la mort rôde à chaque coin de rue et où tout ce que nous connaissons n’a plus la moindre substance. Libre de toute nostalgie à l’égard du monde d’avant, brute, “inculte” mais habile au jeu de la survie, j’attendais de Temple qu’elle m’émeuve, qu’elle me fasse me poser des questions sur ma misérable existence. Je souhaitais que sa “sauvagerie” me trouble, d’une manière ou d’une autre. Au fond, pour tout te dire, unique lecteur, je crois que j’espérais une version littéraire du personnage d’Ellie, la fantastique héroïne du non moins fantastique The Last of Us. Ouais, en gros, j’aspirais à de la nuance et de la finesse dans le traitement de ce personnage.

Ainsi, Alden Bell nous donne effectivement à voir une héroïne qui considère l’équarrissage de zombies comme une désagréable nécessité et qui ne s’émeut pas outre mesure du défonçage de crâne. Et oui, Temple s’émerveille bel et bien d’un soleil couchant, d’un petit banc de poissons auxquels la lune donne d’étranges couleurs, mais jamais, il ne parvient à rendre son personnage attachant. Il y a pour moi un déséquilibre, un gouffre insondable entre sa nécessaire violence et sa capacité à profiter malgré tout de l’univers qui l’entoure.

Et c’est la raison pour laquelle j’ai suivi les pérégrinations de Temple avec détachement, en multipliant les soupirs et les pauses pipi. Jamais je ne me suis inquiété pour elle. Dans ces conditions, vous comprenez bien qu’il était impossible pour moi d’adhérer au roman, puisque Temple en constitue le coeur.

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