[Avis] Bifrost n°89 – Spécial Nancy Kress

Pour ceux qui l’ignorent – et ils sont nombreux, les cons – Bifrost, “la revue des mondes imaginaires” s’efforce depuis des éons (1996, si je ne m’abuse) de présenter aux gens de bon goût tout ce qui fait l’actualité livresque de la SF et de la Fantasy. Bon, c’est plutôt orienté SF tout de même, car reconnaissons-le, les voyages dans l’espace, les gros trous noirs bien chelous, les sauts quantiques et les explosions, c’est quand même ‘achement mieux que de vieilles épées en fonte et des sortilèges à la con. Non, je ne fais pas preuve de la moindre mauvaise foi. Quoi qu’il en soit, il fait bon vivre dans les pages de Bifrost.

Le menu Bifrostien

Dans chaque numéro, on profite invariablement d’un cahier critique concernant les dernières sorties dans l’hexagone, de quelques interviews de gens bien sous tout rapport (libraires, traducteurs, illustrateurs, chiropracteurs, etc.), d’un copieux dossier concernant un auteur important (vieux croûton, machabée ou jeune pousse) et de quelques pages destinées à défoncer d’autres revues du même genre que Bifrost mais en moins bien. On profite aussi d’un article s’amusant de la plausibilité scientifique de certains éléments courants en SF et surtout, surtout, de plusieurs nouvelles francophones ou étrangères. Tout ça mes bon amis, pour la modique somme de 11 eurals de rien du tout. C’est donné.

1er+4e de couve Bifrost 89

Spécial Nancy Kress

Et donc, ce trimestre, le Bifrost nouveau était consacré à Nancy Kress, auteur(e) américaine de renom qui n’a finalement pas été beaucoup traduite dans nos vertes contrées. La faute, sans doute, au fait que la bougresse est beaucoup plus à l’aise dans le format court (nouvelles et novellas) que dans celui du roman. Or en France, les nouvelles et courts romans, ben ce n’est pas assez noble voyez-vous. Mouais.

Le dossier est intéressant, mais étonnamment bien moins fourni que pour d’autres auteurs déjà évoqués dans Bifrost. Reste que ce qui ressort de tout ça, c’est que Kress mériterait davantage d’égards éditoriaux de par chez nous. Un tort que Le Bélial qui, comme par hasard, édite la revue qui nous occupe, s’efforce de redresser (avec les publications du court roman “Nexus du docteur Erdmann” et du recueil de nouvelles “Danses aériennes”). Tant mieux. A noter qu’en dehors de quelques romans moyennement recommandables de la dame, on peut surtout trouver dans toutes les bonnes librairies la novella “L’une rêve, l’autre pas”. Et ça par contre, c’est du tout bon.

Les nouvelles, les nouvelles !

Un menu 100% féminin pour cette livraison de Bifrost, avec pas moins de cinq nouvelles qui valent toutes le détour. On retrouve bien sûr un texte de cette chère Nancy Kress intitulé “Martin le mercredi, très réussi. Très réussi et manifestement très caractéristique de ce que Nancy Kress écrit d’habitude : de la SF certes, de la bio-ingénierie surtout, mais qui s’intéresse surtout aux gens.

Un jeu d’enfants de Ketty Steward est un texte extrêmement court, mais bien dérangeant et là encore, éminemment recommandable.

L’éclosion des Shoggoths” d’Elizabeth Bear représente pour sa part une belle et originale plongée dans l’univers de Lovecraft, ce joyeux drille qui aimait son prochain. C’est très joliment écrit et assez malin, car l’amateur éclairé ne s’attendra pas forcément à ça.

DansEn finir d’Isabelle Dauphin, vous allez juste rendre tripes et boyaux. Un texte glaçant mais excellent à l’ambiance malsaine superbement amenée. Un nouvelle qui met déjà une option pour le prochain “Prix des lecteurs de Bifrost 2018” dans la catégorie des textes francophones.

L’obélisque martiende Linda Nagata boucle le bal de belle manière avec une histoire d’humanité moribonde qui cherche à laisser un trace de son passage dans l’univers avant de disparaître. C’est efficace mais c’est aussi la nouvelle la moins originale de la fournée.

Scientifiction

A chaque fois que je reçois Bifrost, mon réflexe consiste toujours à aller voir le sujet de l’article qui, comme je l’indiquais plus haut, s’intéresse à la plausibilité scientifique de certaines thématiques science-fictionnelles. Et cette fois, c’est l’évolution qui est passée au crible, histoire de remettre les pendules à l’heure. Indispensable lecture qui nous rappelle que non l’évolution n’est pas un phénomène linéaire et graduel, et que non, elle ne mène pas à l’Homme. Ca fait du bien de l’entendre.

evolution - alien

Super bonus track side-B

Enfin, même si vous n’en avez légitimement rien à secouer, voici la liste des bouquins critiqués ou évoqués dans la revue qui un jour, s’en iront rejoindre ma grosse Pile à Lire. J’avoue que si je mets ça là, c’est surtout pour m’en souvenir. Je suis vieux désormais, que voulez-vous.

  • La cinquième saison – N.K Jesimin
  • La bibliothèque de Mount Char – Scott Hawkins
  • Certains ont disparu, d’autres sont tombés – Joel Lane (www.dreampress.com)
  • La Belle Sauvage – Phillip Pullman
  • Le seigneur des ténèbres – Robert Silverberg

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