Critique

[Avis] Une histoire des abeilles, de Maja Lunde

Point d’obsession particulière de ma part pour les abeilles (même si je les aime bien). Si je me retrouve à causer d’un nouveau roman bourré d’hyménoptères plus d’un an après avoir lâchement abandonné ce blog, cela relève simplement du hasard.

Quatrième de couverture

Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde.

William, George, Tao… Chacun, à sa manière, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilégiée. Chacun, à son époque, rêve de changer l’avenir, d’offrir à ses enfants des lendemains meilleurs. D’inventer, de transmettre ce qu’il sait… ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l’indifférence.

Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut…

 » On aime ce roman visionnaire sur la relation de l’homme à la nature, qui parle aussi de transmission. «   Cosmopolitan

 » Trois romans en un, où se mêlent la problématique écologique et la question des rapports de générations au sein de la famille. Habilement pensé et agencé, ce tableau de l’avenir a de quoi glacer les sangs. «  Le Monde

«  Mouais, zzz’est dommage que zzzza parle de zzzzeeees cons d’humains. ZZZZans zzzza, zzzzza aurait été vachement mieux. «  Buzz l’éclair

Une-histoire-des-abeilles

Comme suggéré avec une élégance qui me sera à jamais inaccessible dans le quatrième de couverture, le bouquin de Maja Lunde marie en effet trois lignes narratives en apparence distinctes. Trois histoires et autant d’époques qui tournent toutes autour de nos chères abeilles à miel.

To bee or not to bee?

Du côté de William, on file en Angleterre en 1851 pour y suivre la vie d’un scientifique raté devenu minable commerçant. Père dépressif d’une ribambelle de fillettes et d’un garçon dont il tire une grande fierté, William renâcle pourtant à renouer avec la vie, tout écrasé qu’il est par l’échec de sa carrière prometteuse. La famille périclite, le pognon manque et la situation devient critique. Sauf que tout va basculer sous l’impulsion délicate d’une personne de l’entourage de William et de sa passion naissante pour les fameuses abeilles.

maya-bee

L’apiculture pour les nuls.

Pour ce qui est de George, direction les Etats-Unis en 2007 (année faste ayant notamment vu l’avènement tant attendu du mirifique Nicolas Sarkozy…). Le bougre apiculte grave mais il apiculte bien, à l’ancienne, en respectant ses protégées. Il est beau, il est bio et il sent bon le sable chaud, mais en dépit de son professionnalisme et de sa détermination, il ne fait que vivoter. Son élevage, c’est toute sa vie et il désespère de voir son fils s’orienter vers une toute autre carrière. En outre, arrive bientôt le coup de boutoir final avec le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (en anglais, « Colony Collapse Disorder » : CCD).

Elle est arrivée à pied par la Chine.

Enfin, changement radical d’ambiance avec Tao qui nous embarque cette fois en Chine, en 2098. Là, on crève de faim suite à l’Effondrement, un événement tragique qu’on imagine lié à la disparition des insectes pollinisateurs. Du coup, la seule activité des survivants consiste à se taper le boulot desdits insectes. Ça pollinise à la main, du soir au matin. Or, il se passe un truc. Un truc qu’on voit venir de loin mais qui n’enlève rien à l’intérêt du récit.

Un roman qui file le bourdon

bee-cool

Comme vous vous en doutez, ces trois histoires ne tardent guère à se recouper de manière plus ou moins attendue. Reste que l’agencement de ces trois récits est maîtrisé, voire élégant. On tourne les pages sans s’en apercevoir, car chaque histoire développe ses propres enjeux et font montre de beaucoup de sensibilité. Les sentiments des personnages sont dépeints avec retenue ce qui rend chaque scène d’autant plus touchante. Bref, le mélange des trois époques, des trois histoires fonctionne si bien que le roman finit par devenir plus que la somme de ses trois arcs narratifs. S’en dégage une sorte d’aura bienveillante saupoudrée de mélancolie. Sans doute pas le roman du siècle, mais une indéniable réussite.

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