Bilan littéraire

Comme vous l’avez sans doute remarqué, car rien n’échappe à votre œil inquisiteur, je n’avais pas publié sur ce modeste blog depuis plus d’un an. Aussi, comme je suis bon et généreux (en plus d’être modeste), je me suis dit que j’allais donc pondre un petit billet qui reviendrait sur les baffes littéraires (et aussi sur quelques mandales plus modestes voire quelques crachats au visage) que je me suis enquillées ces derniers mois. Allez, c’est parti.

 

Une histoire des abeilles, de Maja Lunde

Pas la peine de m’étendre pendant des plombes, vu que je me suis récemment fendu d’une délicieuse critique (forcément). Reste un sujet passionnant admirablement bien traité à travers trois récits parallèles, mais pas si parallèles que ça en fin de compte.

 

Niourk, de Stefan Wul

Niourk Stefan WulÉtrange roman que ce Niourk. A la fois étonnamment moderne et suranné, le livre nous entraîne sur une terre ravagée où les océans ont disparu et ont laissé la place à de misérables flaques d’eau saumâtre bourrées de produits radioactifs. On y suit les tristes pérégrinations d’un enfant noir, rejeté par sa tribu de sauvages. Le môme va devoir apprendre à survivre puis à grandir, puis à prospérer au point de devenir “autre”. Le bouquin prend une tournure étonnante lorsque l’enfant découvre l’antique cité de Niourk et sa technologie futuriste. Vraiment prenant.

 

Le fini des mers, de Gardner Dozois

Le fini des mers Gardner DozoisGros coup de coeur de ces derniers mois, Le Fini des Mers est un court roman d’une grande sensibilité. Le thème est pourtant éminemment classique : des vaisseaux extraterrestres atterrissent sur Terre et on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans. Sauf qu’au lieu de nous compter l’histoire d’une invasion lambda, l’auteur s’intéresse à un garçonnet dont les perceptions sur la véritable situation semblent bien plus précises que celles des adultes qui l’entourent. Difficile cependant de se faire entendre quand on est un môme, un gamin qui par ailleurs se trouve déjà en marge de la société. Texte sur l’enfance et la solitude qui vous laisse triste et ému, “Le fini des mers” est pour moi un pur chef d’oeuvre. A lire absolument.

 

Mers Mortes, d’Aurélie Wellenstein

Mers Mortes Aurélie WellensteinAttiré par une couverture qui parlait à mon petit cœur d’adolescent tout mou, je me suis procuré le dernier bouquin d’Aurélie Wellenstein, qui se trouve en outre être la compagne d’une vieille connaissance. Et j’ai pu découvrir un roman attachant dans lequel on suit la destinée d’un jeune exorciste formé pour lutter contre des marées fantômes et les spectres qui en émergent. Faut dire que ça pue un peu la merde sur la planète depuis que les mers et océans se sont évaporés, conséquence logique de l’inconséquence humaine (mais qu’est-ce que je cause bien !). Or – idée géniale – les créatures marines reviennent à intervalles réguliers pour arracher leurs âmes aux survivants humains, histoire de leur rendre la monnaie de leur pièce. Requins fantômes aux ailerons tailladés, baleines au corps déchiqueté par les harpons explosifs, méduses bouffies, crevettes de l’enfer sacrifiées sur l’autel des restaurants asiatiques, tout est là pour nous faire passer un bon moment. Car, comme vous le savez, tout est bon dans le poisson. Quelques scènes marquent, des idées sont superbes, mais cela reste un peu trop sage à mon goût.

 

La Première Leçon du sorcier – L’Épée de vérité, tome 1, de Terry Goodkind

La-premiere-lecon-du-sorcier Terry GoodkindAlors comment vous dire, je suis ressorti de cette lecture avec un avis fort mitigé. Un roman de fantasy très verbeux qui semble de prime abord destiné aux seuls ados. On s’y farcit des personnages principaux qui s’avèrent souvent confondants de niaiserie. Cela dit, de manière assez surprenante, le bouquin plonge parfois dans un cradingue et un étalage de cruauté gratuite (voir les 300 pages de torture dans le deuxième tiers du livre…). Je ne peux pas dire que je me suis ennuyé, mais je crains de ne pas me souvenir très longtemps de cette histoire qui se poursuit encore sur une tétrachiée de tomes.

 

Bifrost n° 93 : Peter Watts

Bifrost 93 Peter Watts

La nouvelle mouture de l’excellente revue des littératures de l’imaginaire était un bon cru. D’excellentes nouvelles et surtout une interview géniale de Peter Watts. Je ne connaissais pas le bonhomme mais il est clair que je vais me pencher sur sa prose dans un avenir proche. Pour un avis complet, allez voir de vrais gens, comme le beau Lorhkan.

 

 

Helstrid, de Christian Léourier

Helstrid Christian LéourierEncore un super texte qui confirme tout le bien que je pense de la collection “Une Heure Lumière” du Bélial. Comme le “Fini des mers” que j’évoquais un peu plus haut, “Helstrid” est une novella puissante. Là encore, une fois la dernière page tournée, on continue de repenser à cette histoire de mec qui se retrouve à chaperonner un convoi de ravitaillement un avant-poste minier sur une planète ultra hostile. Seul passager humain du bousin, secondé par des IA qui baboulent, rien ne va bien sûr se passer comme prévu… À lire absolument.

 

Capitaine Futur, l’empereur de l’espace, de Edmond Hamilton

Ceux qui me côtoient savent bien que j’aime bien les vieux machins. Difficile donc de résister à l’attrait des romans qui dans les années 80, furent la source d’inspiration des dessins animés de la Töei. Oui, je fais bien référence au délicieux Capitaine Flam ! Hop, petite digression :

Capitaine Flam tu n’es pas

De notre galaxie

Mais du fond de la nuit

(Capitaine Flam)

D’aussi loin que l’infini

Tu descends jusqu’ici

Pour sauver tous les hommes

Capitaine Flam tu n’es pas

De notre voie lactée

Mais tu as traversé

(Capitaine Flam)

Cent mille millions d’années

Capitain Futur T1 - Edmond HamiltonAvouez que c’est bon ! Mais revenons-en à notre roman. “L’empereur de l’espace” est l’oeuvre d’Edmond Hamilton, pape de la SF des temps anciens, celle où des héros bodybuildés volent au secours de la veuve et de l’orphelin à la moindre occasion. Or c’est justement tout le sel de ce roman qui a tout d’une bonne bd. Le récit est suranné mais enlevé, les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné et on se laisse sans peine porter par les aventures du géant roux et de son improbable équipe. Une lecture détente que je recommande vivement, d’autant que le héros est roux, ce qui est gage de qualité.

 

Blanc Mortel, de Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithPetit rappel en passant, “Robert Galbraith” n’est autre que le pseudonyme de J.K. Rowling et “Blanc Mortel” est le quatrième volume de sa série de bouquins centrés sur le personnage de Cormoran Strike, détective privé unijambiste de son état. Et pour cette nouvelle histoire on plonge dans les entrailles du Parlement Britannique. Comme d’habitude, les personnages sont excellemment croqués et l’enquête bien ficelée. Je n’ai cependant pas été emballé par cette histoire résolument classique et cousue de fil blanc. La moins réussie des aventures de Cormoran Strike à ce jour, à mon humble avis.

 

Bifrost n°92 : Theodore Sturgeon

Comme je le disais déjà un peu plus haut, Bifrost est une publication de qualité. Et ce numéro 92 spécial Sturgeon vaut tout autant le détour que celui consacré à Peter Watts. C’est informatif, c’est passionné et passionnant. Bref, Bifrost, c’est le bien. Mangez-en.

Bifrost 92 Theodore Sturgeon

Gwendy et la boîte à boutons, de Stephen King et Richard Chizmar

Gwendy et le boîte à boutons Stephen King Richard ChizmarCourt roman lu dans le bus qui m’emmenait à Londres avec une horde de collégiens tapageurs, “Gwendy et le boîte à boutons” a su me soustraire à l’insoutenable réalité. De fait, je garderai toujours un souvenir ému de ce livre, sorte de planche de salut dans le naufrage de ma vie. Plus sérieusement, le livre m’a fait passer un excellent moment. Entre deux “Machin, tu la boucles à la fin !”, j’ai ainsi pu découvrir un histoire poétique et attachante. Gwendy est une gamine que j’aurais volontiers clonée et échangée contre certains des élèves du bus. Eveillée, intelligente et espiègle, Gwendy se voit confier une étrange boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs. Dès lors, sa vie va changer. La boîte est tentatrice, son pouvoir est immense et Gwendy n’est qu’une gamine… Récit de passage à l’âge adulte, le texte est élégant, sobre et assez émouvant. Une réussite.

 

Touch, de Claire North

Touch-Claire-NorthComme pour Robert Galbraith, Claire North est un pseudonyme. “Touch” est en fait l’oeuvre de Catherine Webb, un(e) auteur(e) britannique dont l’une des précédentes oeuvres “Les 15 premières vies d’Harry August” m’avait franchement emballée. C’est donc avec impatience que je me suis jeté sur “Touch”, une histoire intrigante de types capables, au moindre contact, de transférer leur conscience dans le corps d’une autre personne, de les posséder en quelque sorte. Certains de ces êtres ont une éthique, d’autres pas. Certains “touchent” une vie, d’autres la volent et repartent des décennies plus tard quand la maladie et la dégénérescence physique apparaissent, laissant derrière un homme ou une femme qui ne comprend rien à ce qui lui est arrivé.

Mais que se passe-t’il quand une des ces entités s’aperçoit qu’on essaie de la tuer elle, et pas juste son hôte ? C’est le point de départ d’un thriller bien ficelé que j’ai suivi sans déplaisir mais qui, je l’avoue, ne me laissera pas de souvenirs impérissables. Avec un tel sujet, il eût été intéressant de raconter une histoire plus épique, un peu à la manière de “l’Echiquier du Mal” de Dan Simmons (qui est pas fou non plus hein). Mais Claire North n’a pas choisi cette voie. J’en suis déçu, d’autres apprécieront.

 

La mort immortelle, de Liu Cixin

La mort Immortelle Liu Cixin

Ultime volet de la trilogie initiée par “Le problème à trois corps”, j’attendais énormément de ce roman. Et autant le dire tout de go, je fus déçu. Un jugement strictement personnel et vaguement honteux tant cette trilogie, malgré ses longueurs, semble partie pour faire partie des séries SF incontournables des futures décennies. Mais le fait est que je n’ai pas été autant happé par cette suite et surtout par cette fin que par les deux précédents volumes. Je n’en dis pas plus, de peur de spoiler, et parce que j’ai la flemme.

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