[Avis] Feu et sang, les origines du Trône de Fer Tome 1- George R. R. Martin

En ces sombres heures de hype insensée, de gifs pourris à base de dragons incendiant Notre Dame et de spoils sauvages relatifs à la huitième et dernière saison de Game of Thrones, j’ai pour ma part pris le temps de me poser pour lire “Feu et Sang” de George R. R. Martin. Un bouquin dont la publication relativement récente m’avait pourtant fait craindre le coup commercial foireux, d’autant qu’on attend toujours la véritable conclusion littéraire de l’énorme saga du génial gros barbu. Sauf que parfois (souvent dans mon cas), on se plante. Et on est même plutôt content de se planter.

Quatrième de couverture

Game of Thrones Notre Dame

« Au septième jour, une nuée de corbeaux jaillit des tours de Peyredragon pour propager la parole de lord Aegon aux Sept Couronnes de Westeros. Ils volaient vers les sept rois, vers la Citadelle de Villevieille, vers les seigneurs tant petits que grands. Tous apportaient le même message : à compter de ce jour, il n’y aurait plus à Westeros qu’un roi unique. Ceux qui ploieraient le genou devant Aegon de la maison Targaryen conserveraient terres et titres. Ceux qui prendraient les armes contre lui seraient jetés à bas, humiliés et anéantis. » Trois cents ans avant les événements du Trône de Fer, Feu et sang raconte l’unification des sept royaumes.

Les chroniques historiques de tonton Martin.

Feu et Sang Tome 1 - couverture

Ici, point de lutte contre les marcheurs blancs et de corneille à trois yeux, c’est bien à la naissance du Trône de Fer que l’on est convié, soit près de 300 ans avant la série télévisée. De fait, “Feu et sang” s’intéresse au règne des premiers rois Targaryen, depuis la conquête initiale de Westeros par Aegon Ier et l’unification des sept royaumes qui s’ensuivit jusqu’à la fin du règne lumineux de Jeahearys Ier. Pour la suite qui aboutira sans aucun doute à la rébellion de Robert Baratheon et à la chute des Targaryen, il faudra attendre le Tome 2 dont la sortie est prévue pour le 29 mai 2019. J’avoue, j’en ai des tremblements d’impatience. En l’état, George R. R Martin nous livre un agrégat de textes (certains déjà publiés, beaucoup inédits) retraçant la vie des monarques Targaryen sous forme de chroniques prétendument rassemblées par l’archimestre Gyldayn. Attendez-vous donc à une certaine distanciation, une certaine froideur de livre d’histoire dans ce bouquin. Un commentaire qui peut faire peur mais que je tenterais de nuancer un peu plus tard dans cette critique.

Targaryen DragonReste que pour le fan, des noms de héros lointains et de batailles célèbres saupoudrés dans le cycle “classique” du Trône de Fer prennent enfin corps, avec brio de surcroît. Vous souhaitez découvrir ce qui a valu à Balérion, l’un des dragons dont le crâne est conservé sous le Donjon Rouge, ce qui lui a valu son surnom de “Terreur Noire” ? Vous voulez tout savoir de la naissance de Port-Réal, son développement chaotique et les difficultés auxquelles les envahisseurs Targaryen ont été confronté pour conquérir puis soumettre les Sept Couronnes ? Pour quelle raison la réputation de Dorne l’insoumise est ce qu’elle est ? Ce livre vous apparaîtra alors tout simplement indispensable, car tout bonnement passionnant. D’autant que le destin des Targaryen est grandiose et qu’il s’entremêle bien entendu à celui des autres grandes familles que nous avons appris à connaître au fil de nos lectures et d’une excellente série.

Targaryen dans la culotte ?

Certes, il n’y a rien de vraiment original dans le fait de nous faire lire les propos d’un historien fictif, mais George R. R. Martin est suffisamment expérimenté et talentueux pour rendre le procédé convaincant, voire même exaltant lors de certains passages. On nous rapporte une histoire vieille de trois cent ans, ce qui induit du doute, des théories contradictoires, des actions méconnues ou mal comprises, des événements passés sous silence, des occasions où l’on revient en arrière pour clarifier les choses ou juxtaposer deux actions. Un vrai cours d’histoire, vivant, avec un prof de chair et de sang. Et c’est tellement bien fait qu’on finit par y croire.

game-of-thrones-dany-dragon

En nous offrant un narrateur faisant lui-même partie du monde de Westeros, Martin nous rapproche du texte et contourne avec habileté la froideur potentielle de chroniques simplement balancées comme ça, sans contexte. Et très vite, on s’imagine dans une salle de la Citadelle de Villevielle, une robe de bure nous grattant les roustons, à écouter un vieux mestre grisonnant nous conter l’histoire de notre propre pays. Westeros en ressort encore plus dense, plus tangible, plus crédible que jamais. Un vrai tour de force. Vous êtes fan, vous devez lire “Feu et Sang” !

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