[Avis] Shadow of the Tomb Raider – Xbox One

Toujours à la pointe de l’actualité vidéoludique, comme il se doit, me voilà à bavasser sur le dernier titre en date que j’ai eu le temps et la patience de boucler. Vrai, je pourrais aussi vous causer de ”Apex Legends”, de la dernière mise à jour de “Sea of Thieves”, de “World War Z” ou d’autres trucs plus récents. Oui sauf que non. Que voulez-vous, j’aime patauger dans la choucroute avariée. J’aime pondre des articles qui sentent le ragondin mort et la vieille pissotière municipale désaffectée (à défaut d’être désinfectée). Et puis de toute façon, je ne suis pas assez assidu sur les titres en question pour en dire quoi que ce soit de valable. Alors au diable les varices, fuck the new, allons-y gaiement et parlons de l’ultime volet de la nouvelle trilogie “Tomb Raider”.

Une grosse paire de trois

En 2010, Square Enix fait péter le chéquier, expédie quelques containers de sushis sur la Tamise afin de racheter le très britannique éditeur Eidos Interactive, le tout dans la joie et la bonne humeur. Dans le catalogue d’Eidos, entre “Deus Ex”, “Commando”, le très codebarré “Hitman” mais surtout “102 dalmatiens à la rescousse”, surnage péniblement le cadavre racorni d’une étrange donzelle, seulement maintenu à la surface de l’inaltérable fleuve du temps par deux ballons de baudruche hypertrophiés. Et c’est ainsi qu’après une série d’opérations dignes d’une version porno-trash du monstre de Frankenstein (incluant notamment une insoutenable réduction mammaire, au grand dam d’Europe Ecologie les Verts et d’une des ses généreuses figures de poulpe, le bon Noël) que Lara Croft est revenue d’entre les morts pour un premier volet superbement cinématographique, le bien nommé “Tomb Raider”.

Shadow-of-the-tomb-raider-lara

D’ailleurs, comme je ne suis pas à une digression près, sachez, jeunes béotiens, que “Tomb” se prononce “Toume”, à rapprocher phonétiquement du terme “womb” (prononcé “woume”) signifiant utérus ou matrice, ce qui avouons-le, ouvre la porte à de nombreux jeux de mots délicats et de ravissants pseudonymes Steam. Bref et brefle, pour en revenir à nos mamelons, Square Enix et le développeur originel de “Tomb Raider”, Crystal Dynamics, se sont donc lancés dans un vrai reboot (voir un reboob…) de la célèbre série. Ainsi, le premier épisode alignait une jeune et belle Lara, aventureuse et intelligente certes, mais un poil naïve, rechignant (toute proportion gardée) à la violence et au meurtre. Le tout prenait place dans un univers plus sombre que dans les volets précédents, avec une très légère composante survie, quelques segments un peu ouverts et un nouveau design moins racoleur pour une héroïne qui en prenait plein la tronche tout au long du jeu.

Le deuxième volet, “Rise of the Tomb Raider” reprenait à l’identique tous les ingrédients du premier titre, troquait son île perdue pour des pics enneigés et cherchait, sans originalité aucune, à poursuivre l’histoire de Lara. Plus d’infos sur le passé de la jeune femme, des Trinitaires fanatiques encore plus méchants aux noirs desseins (on y revient toujours hein ?), le tout pour un jeu efficace mais oubliable.

Enfin, le troisième opus dont il est question ici, répond au doux nom de “Shadow of the Tomb Raider” et vise à parachever le périple initiatique de Lara, de jeune donzelle à  survivante, puis à aventurière, jusqu’à la machine de guerre qui tue et étripe comme un abattoir Charal. Sorti en septembre 2018, le bousin nous embarque cette fois en Amérique du sud pour y violenter des panthères et des lamas.

Tomb Raider trilogy

 

Blancs bonnets et bonnets blancs

Si “Rise of the Tomb Raider” et ses montagnes avaient quelque peu refroidi (haha) les critiques et les joueurs du fait de sa paresse, autant dire “Shadow of the Tomb Raider” a pour sa part eu droit à un accueil carrément glacial de la part de tout ce monde. Et je ne vais pas tenter de vous retourner le ciboulot en disant que si, ce troisième opus réinvente la roue et corrige les errements de ses prédécesseurs. Non, “Rise of the Tomb Raider” ressemble comme deux gouttes d’eau à ses frangins, mais le fait est que je l’aime beaucoup malgré tout, même s’il est un peu con et un peu feignant. Une tournure d’esprit qui me permet d’ailleurs de ne pas trop mal vivre mon métier d’enseignant.

Les Lolos Ferrari

Seulement armée de sa bite et de son couteau (ou à peu près), Lara doit cette fois faire fesse à une apocalypse prédite par les Mayas, avec en toile de fion, la fameuse clique de Trinitaires prêts à tout pour que la prophétie s’accomplisse, afin, peut-être de reforger un monde neuf par la suite. “Shadow of the Tomb Raider”, comme son titre le suggère, se veut bien plus sombre encore que ses prédécesseurs et, tout en renouant avec une certaine forme d’exotisme dans ses décors, il aligne bon nombre de tombes puantes bourrées de cadavres en putréfaction et de victimes massacrées lors d’innommables rituels.

Dans la forêt amazonienne, le jeu chatoie, balance des décors qui réjouissent les rétines et des panoramas à couper le souffle, et puis, au détour d’un chemin, il vous replonge dans le glauque et le pas propre. Et l’effet est délicieusement grisant. Alors certes, les cinématiques sont d’un classicisme affligeant, mais malgré tout on se prend au jeu, du fait d’un univers sublime où tour à tour, on suffoque et on admire. L’exploration n’est alors plus tant affaire d’objets à collecter (et y en a des chiées) que de nouvelles merveilles visuelles à découvrir. On escalade, on grimpe, on se suspend et on jubile quand, après avoir sauté d’une falaise et nagé dans un sublime lagon, on déniche finalement l’entrée d’une grotte cachée, qui elle aussi, aboutira peut-être à un temple gigantesque.

La sacro-sainte baston

shadow_of_the_tomb_raider_infiltrationBien entendu, qui dit “Tomb Raider” dit également coup de piolet dans la tronche et fusillades régulières, une dimension dans laquelle les deux précédents épisodes ne brillaient pas des masses. Cette fois cependant, le jeu ne multiplie pas les grosses fusillades décérébrées et y substitue de nombreuses phases d’infiltration light, ultra fastoches et permissives, mais pas désagréables non plus. Et puis, malgré la maladresse du propos, difficile de ne pas apprécier l’incontestable montée en puissance de Lara qui devient plus que jamais prédatrice. Ici, on agrippe de pauvres gardes innocents se baladant avec nonchalance sur un ponton puis on les étrangle sous l’eau en les lardant de coups de couteau de fortune. Plus tard, on pourra suspendre des victimes à des arbres, piéger des cadavres pour que leurs potes inquiets viennent s’exploser la tronche dessus. On se demande bien comment les pauvres hères peuvent avoir la moindre chance face au courroux et à l’arsenal surpuissant de Lara, d’autant que pour se faire repérer, il faut vraiment avoir deux mains gauches. Bref, on peut jouer ces phases sans trop solliciter son cerveau avant de retomber ensuite sur une énigme ingénieuse.

Lara croft smiling

Crystal Dynamics, malgré ses maladresses et ses grosses ficelles, a ainsi accouché du titre soigné, magnifique et bien rythmé qu’on traverse sans jamais se lasser. Une très bonne pioche en ce qui me concerne.

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