[Avis] L’outsider – Stephen King

Après avoir passé un bon moment avec la resucée de “Danse macabre” publiée sous le titre d’ “Anatomie de l’horreur”, j’ai été saisi d’une envie bien légitime : renouer un peu avec le Stephen King de mes jeunes années. Celui qui m’avait jadis fait trembler de peur et souiller mes langes avec “Ça”. En bonne feignasse, j’ai donc jeté mon dévolu sur “L’outsider” sorti en janvier dernier en nos belles contrées verdoyantes et déjà programmé pour une adaptation en mini-série par HBO.

Résumé éditeur

Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent. Et si c’était vrai ?

Du polar au poil

L'outsider - Stephen KingL’outsider” démarre comme un bon gros polar des familles et conserve cette apparence pendant un bon bout de temps. Un crime abject, une arrestation spectaculaire par des flics rendus fous de rage par l’horreur et assurés de détenir des preuves accablantes, un rapport du légiste, des compte-rendus de dépositions balancés tels quels : voilà le délicieux cocktail de départ. Sauf que King oblige, on sent bien qu’il y a bigorneau sous roche. C’est ainsi que notre bon vieux loup de mer littéraire s’efforce, avec beaucoup de talent, d’instiller le doute pendant près de 200 pages, jusqu’à une conclusion grandiose dont le rendu quasi cinématographique prend aux tripes. Et si l’alibi de Terry Meitland tenait finalement debout ? Et si un outsider avait faussé les cartes ?

La formule 2 en 1

Polar classique et terriblement efficace dans sa première partie, avec ses personnages Kingesques plus vrais que nature, “L’outsider” bascule alors dans un tout autre registre, bien plus familier de l’auteur. C’est presque un deuxième roman qui s’ouvre lorsque l’inspecteur Ralph, principal acteur de la chute de Meitland, se lance dans la traque d’un stephen-king-scary-portraithypothétique “outsider”. En effet, l’existence d’un tiers ou d’un mystérieux complice expliquerait tout ou à tout le moins, permettrait de dissiper les incohérences du dossier. Et hop, on part pour un tour de manège fantastico-horrifique. Et le lecteur de retrouver tout ce qui fait le charme d’un bon King : suspense, tension, personnages en proie au doute face à l’inimaginable, dialogues fichtrement naturels et bien sûr peinture au vitriol de l’Amérique Trumpienne. Fidèle à ses habitudes, King y va aussi de sa passion pour le baseball et de son expérience avec l’alcoolisme. Et au final, la mixture évoque un peu un chouette épisode de X-Files de la grande époque. Alors évidemment, on voit venir certaines grosses ficelles habituelles du patron, mais sans déplaisir. Car si King pond des romans plus vite que je ne rédige des billets de blog, on ne peut pas dire que le boulot soit bâclé, bien au contraire. Le texte est cohérent et se permet même un petit clin d’œil coquin aux lecteurs, avec la présence de Mrs Holly Gibney, personnage attachant déjà connu des lecteurs de la trilogie Bill Hodges “Mr Mercedes”. Ouais, pas de doute, c’est un bon bouquin.

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